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Ernestine Mbakou

Ernestine Mbakou
@ErnestineMbakou

Feb 24
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ūüĒī #LE #FILS #DE #MON #MARI...ūüĆ≥ Jacques et moi, √©tions mari√©s depuis dix ans. Nous e√Ľmes trois enfants bien portants. Entre mon mari et moi, ce n'√©tait pas le grand amour.

Nous nous √©tions mari√©s pour fonder une famille. Nous reuss√ģmes au del√† de toute attente d faire tenir notre foyer. √Ä l'√©poque, Jacques avait besoin d'une √©pouse. La soci√©t√© le trouvait d√©j√† trop " vieux" pour √™tre c√©libataire. Il m'avait dit
"Carine, je vais avoir quarante ans sans √™tre mari√©. Tout le monde me regarde d√©j√† bizarrement. M√™me ma propre m√®re doute de moi. Je dois me marier. On se conna√ģt depuis des ann√©es, pourquoi ne pas m'√©pouser ? Tu es aussi en retard et apparemment personne dans ta vie ! "
Je ne m'offusquai pas de sa dernière phrase. Nous étions amis depuis longtemps. Il me connaissait bien. Et il avait raison. J'avais 32 ans. Toutes mes amies étaient déjà mariées et avaient des enfants.
Malgré mon succès professionnel, j'étais toujours perçue dans ma famille comme celle qui avait échoué. Je devais me marier. Jacques était mon patron. J'avais été sa secrétaire durant cinq ans.
Nous savions tr√®s bien ce que nous voulions m√ģmes tout sur pieds pour que notre mariage fonctionne. Nos enfants √©taient notre plus belle r√©alisation. Une revanche sur la vie en somme. Class√©e comme perdue et inutile, ma famille fut surprise de me voir mari√©e et m√®re.
Le respect, le dialogue étaient la base de notre union. Jacques et moi avions tacitement conclu un contrat et devions y tenir. Jacques était un père aimant, doux, présent.
Être parents sur le tard ne fit pas de nous de mauvais parents, au contraire, nous avions tant d'amour à donner à nos enfants. Nous voulions le meilleur pour notre famille.
Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu'√† ce jour o√Ļ je vis mon mari faire son apparition tirant par la main un petit gar√ßon. Ce dernier √©tait maigre comme un clou, la peau sur les os, les yeux qui lui mangeaient tout le visage.
Malgr√© moi mon cŇďur de m√®re se serra . Il ne devait pas avoir plus de 8ans. Il fixait le sol. Que s'√©tait-il pass√© ? Qui √©tait il ? Jacques √©galement √©vitait mon regard.
_Jacques ? Que se passe t il ? Le petit garçon donnait l'impression de pouvoir s'envoler au moindre coup de vent. Jacques aimait venir en aide à tout le monde. C'est ce trait d'empathie que j'avais apprécié chez ce monsieur grand qui semblait intimidant.
_Il s' appelle Lo√Įc. Il vient d'avoir 9ans Carine. J' attendis la suite qui tardait √† venir. √Čtait ce un orphelin que Jacques avait ramass√© sur sa route ? "C'est mon fils !" Entendis je enfin !.
Je crus avoir mal entendu et qu'il se jouait probablement de moi. Ce c√īt√© taquin et blagueur de mon mari , je ne le lui connaissais pas. _Jacques ! _Sa m√®re est venu le laisser au bureau aujourd'hui. Elle dit qu'elle est fatigu√©e d'en prendre soin.
Parce qu'on prenait soin de ce petit gar√ßon ? Me demandai-je instinctivement. Jusqu'ici, le concern√© n'avait rien dit et avait toujours la t√™te baiss√©e. J' eus envie de hurler Jacques avait un autre enfant ? Un enfant qui avait le m√™me √Ęge que notre fils a√ģn√© ?
_ Pardonne moi Carine..pardonne moi... Il parlait la tête toujours baissée. Je ne pus rien dire sur le coup. J'avais le choix entre tout casser ou donner à manger à cet enfant.
C'est hilarant lorsque j'y pense aujourd'hui. Je reçois un grand coup et je pense immédiatement à nourrir la "preuve ". Je soulevai la tête du gamin d'un doigt et lui dis : "J'ai fait la cuisine. Viens manger"
Mon ton était posé et calme. Jacques crut que j'allais mettre le feu à notre maison. Mon attitude dut lui faire avoir plus que peur. Je joins le geste à la parole en tirant l'enfant vers moi.
Il tremblait et ne m'avait toujours pas regardée. Il se jeta sur son plat comme une personne égarée au désert ayant découvert un oasis. Jacques n'avait pas bougé. _ Je lui ai donné ton repas. Tu dormiras affamé.. Lui jetai je sans attendre sa réponse.
Et c'√©tait tout..je n'avais plus rien √† dire √† mon mari. Lorsque mes enfants revinrent de l'√©cole, Fabrice, mon fils a√ģn√© demanda pour ses fr√®res. C'√©tait lui le porte-parole. _C'est qui celui-l√† maman ? _ Votre fr√®re !
Dis-je sans d√©tour. Je remettais la nouvelle comme je l'avais re√ßue. Ils ouvrirent les yeux. _Notre fr√®re ? Mais comment ? D'o√Ļ vient il ? Tu as eu un autre b√©b√© maman ?
Malgré la situation, je faillis éclater de rire. En leur absence, j'avais eu un bébé qui avait grandi en quelques heures. Je leur répondis posément. _Demandez à votre père ! Je savais que Jacques ne dira rien.
Je fis de la place pour Lo√Įc sur le lit de Fabrice. Je lui donnai un grand bain. Cet enfant √©tait plein de poux. Je jetai les haillons qu'il avait sur le dos. Je lui donnai les v√™tements de Fabrice. Il n'avait prononc√© aucun mot.
Mes enfants le regardaient , tel un animal de foire. Ma toute derni√®re, Ga√ęlle s' approcha de lui _Mon nom, c'est Ga√ęlle, tu ne parles pas ? Moi, j'apprends √† parler au jardin d'enfants !
Je souris. Ma fille √©tait ainsi. √Ä 4ans, Ga√ęlle √©tait une petite fille curieuse et toujours pr√™te √† d√©rider m√™me le gla√ßon de l'Himalaya. Le gamin avait toujours la bouche ferm√©e. Je me demandai s'il parlait. Il dodelinait de la t√™te. Je le mis au lit. Je dis √† Fabrice.
_C'est ton frère. Vous partagerez le même lit _Jusqu'à quand maman ? _Bonne question ! Va dormir..demain viendra avec ses réponses ! Je retournai dans notre chambre conjugale. Jacques m'attendait assis sur le lit. _ Carine, je...
_Il se fait tard. Je vais dormir..bonne nuit Jacques ou plut√īt j'esp√®re que les monstres te poursuivront cette nuit. √Ä demain. Je me couchais le cŇďur meurtri. Malgr√© tout ce que j'avais fait, je n'arrivais pas √† comprendre. Cette nuit l√†, je ne dormis pas.
Je pleurais silencieusement. Je croyais que mon mariage √©tait b√Ęti sur la v√©rit√©, je me trompais. Tr√®s t√īt le jour suivant, j' appr√™tai les enfants pour l'√©cole. Ga√ęlle demanda _ Et lui, il ne va pas √† l'√©cole ?
Lo√Įc √©tait assis dans son coin et nous observait. _Il ira ch√©rie, tr√®s bient√īt Ga√ęlle courut vers lui. _ Maman dit que tu t appelles Louise ? _C'est Lo√Įc.. Il parlait pour la premi√®re fois. _Tu ne vas pas √† l'√©cole _ Non !
Il avait l'air tr√®s s√©rieux pour un enfant de son √Ęge . Fabrice lui demanda . _Tu viendras √† l'√©cole avec nous demain Lo√Įc ? _Je ne pense pas. L'√©cole c'est pour les faibles !
Le petit Franck leva la tête vers moi. Il attendait que j' intervienne. Enfin quelqu'un qui n'aimait pas l'école comme lui. Je fis sortir les enfants. _À ce soir, le bus est là... Jacques dansait sur un pied au salon.
_ Ton petit d√©jeuner, je le donnerai √† Lo√Įc..donc toi, tu n'as rien √† manger dans cette maison. √Ä ce soir ! J'√©tais ferme. Il partit, la queue entre les jambes. Je restai seule avec le petit qui baissa les yeux. _ Je suis d√©sol√© madame.
entendis je C'√©tait le gar√ßon. Je me dirigeai vers lui _ Et pourquoi ? _D'√™tre l√†. Je vais retourner dans la rue. Je sursautai _ O√Ļ est ta m√®re ? _ Ma m√®re ? Je ne sais pas. Elle appara√ģt et elle dispara√ģt comme elle veut .
Je ne l'ai pas vue depuis des mois jusqu'à ce qu'elle réapparaisse et m'informe que j'irai vivre chez mon père désormais. Je sais me débrouiller tout seul. Je porte les sacs au marché. Je vais rentrer au travail. Les larmes se mirent s à couler sur mes joues.
_ Lo√Įc, je ne sais pas qui tu es. Ton p√®re t'a emmen√© ici. Tu restes l√†. Tu n'iras nulle part pour le moment. Je suis s√Ľre que ta maman avait une bonne raison pour te confier √† ton p√®re. Ce n'est pas de ta faute. Tu restes l√† ! J'avais d√©cid√©.
Pour la première fois depuis le début, je pleurais pour autre chose. Des heures plus tard, Sara, mon amie s'écria alors que je venais d tout lui expliquer.
_Non Carine..je ne peux pas tolérer pareil affront. Vivre avec le fruit de l'infidélité de mon mari chez moi. Faut même pas y réfléchir. Je le mets dehors. Je n'accepte pas les foutaises.
Je regardai mon amie. _Mais c'est un enfant ! Et il vit dans la rue ! _ Et alors ? Tu es très tolérante. Demain il t'apportera un second et après un troisième. Tu te retrouveras avec un tas de mioches..ils ont des mères pourtant.
Qu'il les laisse là-bas. Il a commencé sans moi, il termine sans moi.. _Sara, tu ne comprends pas _Je comprends très bien que ton infidèle de mari veut te rouler dans sa bêtise
_C'est un enfant ! _Est ce le tien ? _ Il reste un enfant tout de m√™me ! _ Carine, tu me d√©√ßois beaucoup. Tu as toujours tout accept√© et voil√† les retomb√©es. Ton bon cŇďur va te conduire √† ta perte. Si c'√©tait moi, ce qu'il n'a m√™me pas dormi chez moi .
Accepte cet enfant et Jacques fera ce qu'il veut de toi . Tu as d√©j√† entendu √ßa o√Ļ ? Ou tu veux devenir m√®re Th√©r√®sa ? Je savais que mon amie avait raison. Aucune femme n'aurait accept√© pareille trahison.
Mais je pensais √† mes enfants. Je me disais que j'aurais aim√© que quelqu'un prenne soin d'eux si je venais √† dispara√ģtre. Ce n'√©tait pas la m√™me chose mais je ne pouvais m'emp√™cher d'y penser encore et encore.
Je n'étais pas si bonne. J'avais mes défauts. Mais un enfant devait vivre dans une maison, pas dans la rue. J'avais assez d'espace chez moi. Et puis, J'allais exiger que Jacques retrouve la mère pour lui remettre son fils.
Les jours qui suivirent furent tr√®s difficiles . J'√©tais partag√©e entre l'envie de chasser Lo√Įc et celle plus forte de lui venir en aide. On me disait que √ßa ne se faisait pas. Je n'avais aucune obligation envers le fils de mon mari.
Jacques ne me parlait plus. Je devais prendre une d√©cision. Lo√Įc √©tait de plus en plus renferm√©. Seule Ga√ęlle le faisait parler. Que devais-je faire ? J d√©cid de le garder. Oui je le fis.
Je fus tax√©e de faible et de femme manipul√©e. Je devais le faire. J'avais d√©cid√© qu'entre Jacques et moi, C'√©tait termin√©. J' exigeaide lui qu'il me donne l'acte de naissance de Lo√Įc.
Je me suis rendis compte qu'il avait reconnu son fils naturel √† sa naissance. Cette r√©v√©lation finit √† me clouer le cŇďur. Je pris soin d'inscrire Lo√Įc √† l'√©cole. Je lui annon√ßai un matin qu'il ira √† l'√©cole comme ses fr√®res. Ce n'√©tait pas n√©gociable.
Lo√Įc semblait toujours convaincu que je le mettrais √† la porte. Ce n'√©tait pas mon but. J'√©tais d√©cid√© √† prendre soin de lui m√™me s'il √©tait le fils de mon mari. .
Des ann√©es plus tard, j'avais r√©ussi √† √©tablir un √©quilibre dans ma maison. Rien ne fut plus jamais entre Jacques et moi . D√©sormais, nous vivions comme des √©trangers. Je n'arrivais pas √† pardonner et √† oublier. Pourtant, je prenais soin de Lo√Įc sans animosit√©.
Je lui donnais la même éducation qu'à mes enfants. Je lui accordais de mon temps. Je lui donnais à manger. Je l emmemais chez le médecin lorsqu'il était malade.. Je m'occupais de lui comme une mère l'aurait fait .
Lo√Įc commen√ßa √† se d√©tendre, √† parler, √† s'ouvrir, √† s'√©panouir. Il s attendait depuis le d√©but que je le mette dehors. Lorsqu'il comprit que ce n'√©tait pas mon intention, il redevint un enfant. Je prenais soin de lui.
Il √©tait intelligent, tr√®s intelligent. C'est lui qui expliquait ses cours √† Ga√ęlle. Franck se retournait vers lui pour un probl√®me et Fabrice aimait bien lui confier ses secrets. Sa m√®re ? Je ne l'avais jamais vue. Elle n'√©tait jamais r√©apparue.
Notre vie continua ainsi jusqu'√† ce que les enfants grandirent. Lo√Įc devait avoir 20ans lorsqu'il obtint son baccalaur√©at. Il √©tait si content. J'√©tais fi√®re de lui. Nous √©tions tous l√† ce jour o√Ļ il r√©cut son parchemin √† l'Universit√©.
Il m'avait d√©di√© son m√©moire. Il avait juste √©crit: " √Ä Carine, ma m√®re ! " J'√©tais tr√®s √©mue. Mes enfants devinrent ce que j'aurais souhait√©. Des hommes battants et meilleurs. Lo√Įc partit un jour pour l'√©tranger. Il venait d'obtenir une bourse d'√©tude.
Je pleurais √† l' a√©roport. Il me prit dans ses bras en murmurant. _Je reviendrais tr√®s bient√īt ma petite maman, je reviendrais..Prends soin de toi. Je versais toutes les larmes de mon corps. Heureusement, Fabrice √©tait l√†. Il me retint.
J' attendis durant de nombreuses ann√©es le retour de Loic. Ga√ęlle se mariait et elle vint me dire. _ Maman, tous mes fr√®res doivent √™tre pr√©sents. J'esp√®re que Lo√Įc sera l√†.
Lo√Įc √©tudiait depuis des ann√©es d√©j√†. Il m' appelait tous les jours. Il me disait que tout allait bien pour lui et qu'il sera l√† bient√īt. J'avais fini par pardonner √† Jacques. Je ne voulais plus comprendre ses raisons. Le temps √©tait pass√©.
De l'eau avait coul√© sous le pont. Je voulais avancer. Porter ce fardeau dans mon coeur ne me permettait pas d'avancer. Deux jours avant le mariage de Ga√ęlle, je devais f√™ter mon soixante cinqui√®me anniversaire. Le temps √©tait pass√© si vite.
Je rentrai chez moi ce jour là. J' ouvris la porte et une lumière jaillit. _ Joyeux anniversaire Carine, Maman ! Tout le monde était là, ma famille, mes amis. Un jeune homme se détacha de la foule, un micro en main.
La musique commen√ßa √† jouer en fond sonore _Je suis l√† ce jour pour rendre gr√Ęce √† une dame, √† une grande dame. Une femme extraordinaire qui m√©rite tout, le monde et ses habitants..
cette femme au grand coeur m'a donné la vie à 9ans. Je serai mort sans elle..elle a été plus qu'une mère. Elle est ma mère. Elle m'a embrassé le front pour me souhaiter bonne nuit. Elle a soufflé sur ma plaie lorsque je me suis écorché le genou.
Elle √©tait au premier banc lors de tous mes dipl√īmes. Elle m'a aussi tir√© les oreilles le jour o√Ļ j'ai dit un gros mot. Que serai je devenu sans toi maman ! Lo√Įc ! Je pleurais. La salle criait. Il vint me prendre dans ses bras et me fit tournoyer.
Je touchais sa t√™te, ses yeux pour √™tre s√Ľre qu'il √©tait l√† _Je t'avais dit que je reviendrais maman un jour. Je suis l√†. Joyeux anniversaire de vie.
Il m' offrit une grosse voiture avec un chauffeur. Je devais d√©sormais me reposer, avait-il dit. Il gagnait bien sa vie et devait prendre soin de moi. Ce fut lui qui conduisit Ga√ęlle √† l'autel. Fabrice et Franck √©taient √† ses c√īt√©s.
Je regardais mes quatre enfants, je pleurais de joie. Jacques me serra la main. _ Je suis désolé Carine ! _ Tu le répètes depuis près de 25ans déjà Jacques ! Tu n'es pas fatigué ? _Je sais. Je ne sais pas ce qui m'avait pris. Cetait un accident !
_ Non Jacques ! Un enfant n'est pas un accident. C'est un don du ciel. _Je t'ai trompée et je le regrette ! _Tout est pardonné Jacques. Chaque acte, chaque action que nous posons a une raison bien claire.
Parfois, il vaut mieux ne pas chercher à tout comprendre et c'est ce que j'ai fait. Nous allons terminer nos vieux jours autour de nos enfants. Le passé est mort et enterré. Ce qu'il faut, c'est regarder vers le futur. Jacques sourit .
Il nous avait fallu plus de 25ans, un quart de si√®cle pour parler, enfin. Ga√ęlle se maria. Lo√Įc m'offrit une grande et belle maison √† mon anniversaire suivant. Il m' envoya une invitation. " √Ä la femme de ma vie, allons faire le tour du monde."
J'éclatai de rire. _Je suis mariée. _Ça ne fait rien. Je te prends ton mari et toi. _Tu es impossible. _Je t'aime ma petite maman. _Je t'aime aussi Loic. Je ne sus jamais qui était sa mère.
Comme un fant√īme, elle avait disparu. Lo√Įc ne chercha jamais √† la retrouver malgr√© mon insistance. Bizarrement, je n'avais pas cess√© de remercier cette inconnue pour le fils qu'elle m'avait donn√© !
Ernestine Mbakou

Ernestine Mbakou

@ErnestineMbakou
Ernestine Nadia Mbakou, née et grandi à Douala-Cameroun, est infirmière, coach de vie, écrivaine et auteure. Mon premier roman #Obsession est émis en 2018.
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