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Luc Cédelle

Luc Cédelle
@LCedelle

Feb 20
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Alors journaliste au Monde, Luc Cédelle avait chroniqué le livre de Jean-Pierre Obin sur la pression islamique à l'école, en déplorant un diagnostic « sans nuances ». Une semaine plus tard, Samuel Paty fut décapité. Être traité de « réac » par les boussoles qui indiquent le Sud a de quoi rassurer.
Longtemps Kamel Daoud, par ses moqueries des islamistes, de la tartufferie et de la mentalité victimaire, a été pertinent. A trop fréquenter les réacs et être adulé par eux, il est passé de leur côté avec armes et bagages.

1/17 Je suis en effet l'auteur de cet article du Monde que vous citez en (mauvais) exemple. Avant vous, Eugénie Bastié avait aussi cru tomber sur une pépite. Alors discutons-en. lemonde.fr/idees/article/

2/17 J’ai en effet critiqué – et je maintiens – un livre contenant certaines affirmations que je juge contestables (faisant croire notamment que l’accent mis sur la laïcité dans la politique éducative n’aurait vraiment commencé qu’avec JM Blanquer).
3/17Ce livre contient aussi des assertions qui négligent le « sens des proportions », notamment par l’interprétation erronée de plusieurs données d’un sondage réalisé pour le Comité national d’action laïque. Interprétation à l’inverse des résultats obtenus.
4/17 Dans cet article critique mais respectueux envers M. Obin, je ne nie pas la réalité d’un phénomène de « pression islamiste » sur l’école et des complaisances qu’il a pu et peut encore rencontrer. Tout porte sur l’appréciation, en effet, des « proportions ».
5/17 A propos, ce n’était d’ailleurs pas mon titre. J’avais proposé un titre interrogatif (du genre : « Faut-il craindre, etc. ? ») mais on trouve dans les rédactions des adversaires du titre interrogatif.
6/17 Une semaine après la parution de cet article, Samuel Paty est assassiné. Et l’excellent Patrick Cohen, que j’estimais, s’empare de cet article (et surtout, superficiellement, de son titre) pour le dénigrer publiquement comme exemple d’aveuglement coupable.
7/17 C’est particulièrement blessant car, comme tous, je suis bouleversé par cet assassinat qui, 5 ans après le traumatisme absolu de 2015, marque une nouvelle fracture historique. Etre montré du doigt comme si mon propos était à ranger parmi ses diverses causes est éprouvant.
8/17 Selon une étrange logique, à la fois absurde et perverse, l’assassinat d’un professeur par un djihadiste tchétchène auparavant ignoré de tous (et de la police aussi) viendrait après-coup, par un effet rétroactif, disqualifier la critique d’un livre ?
9/17 Aurais-je, dans cette critique, fait campagne pour l’assassinat de professeurs ? Aurais-je appelé à la haine contre le corps enseignant ? Aurais-je nié l’existence du phénomène djihadiste ? Poser ces questions revient à y répondre.
10/17 Comme vous aujourd’hui, Patrick Cohen plaçait sur le même plan des faits qui ne sont liés que de manière indirecte. D’un côté, un attentat djihadiste, comme il peut s’en produire à tout moment, n’importe où dans le monde. De l’autre côté, un débat français sur l’école.
11/17 Ce débat, porte sur la juste appréciation d’une pression islamiste (donc pas djihadiste) au sein de la jeunesse scolarisée. Il s’inscrit dans une recherche de la vérité et n’implique en rien une quelconque complaisance dont il conviendrait de s’excuser.
12/17 Bien entendu, un lien subsiste entre ces catégories. C’est ce que Gilles Kepel a appelé « djihadisme d’atmosphère », formule à la fois percutante et fausse. Percutante car elle dénonce un climat favorable, et terriblement fausse car elle amalgame opinion et crime effectif.
13/17 Ce lien indirect ne saurait suffire à délégitimer, voir à empêcher, tout débat sur le degré de réalité et sur la mesure d’un phénomène. De ce point de vue mon article est irréprochable sur le plan factuel et je n’ai rien à y retrancher aujourd’hui.
14/17 Le sujet a été relancé par un récent sondage IFOP pour une revue aux motivations et financement opaques. Le débat sur la qualité des données et sur les interprétations de ce sondage est légitime. Si, demain, devait être commis un attentat, cela n’y changerait rien.
15/17 En particulier, et sauf à utiliser cyniquement un procédé démagogique, cela ne justifierait en rien de mettre en accusation les (nombreux) auteurs de critiques de ce sondage précis, comme de la répétition insistante ces dernières années, de sondages similaires.
16/17 Depuis que le djihadisme existe et que cette idéologie morbide aimante une frange d’admirateurs, toute la planète, littéralement, vit sous cette menace permanente. La contrer implique de connaître et comprendre le phénomène, ce qui implique un débat ouvert.
17/17 Enfin, puisque vous mettez en cause la supposée complaisance du Monde à travers un de mes articles, je vous invite à lire aussi celui-ci. Le Comité laïcité République, dont je ne partage pourtant pas les orientations, l’a mis sur son site. laicite-republique.org/trente-cinq-an
Luc Cédelle

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Boomer non repentant. Ex-Le Monde maintenant en travaux personnels, dont une enquête sur un événement de 1971. Je n'ai jamais porté de lunettes noires.
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